Le blog de poésie de Stéphen Moysan
Mes premiers balbutiements littéraires sont à dater
de l'année 2001.
J’étais alors étudiant ingénieur - perdu dans les méandres
d’une société profondément injuste - avec pour seul horizon
l’illusion que je pourrais m’en sortir mieux que d’autres et
certainement moins bien que certains, ce qui était totalement
insatisfaisant pour qui j’étais …
Il me fallait agir …
Ma déconstruction s’était déclenchée et avait enclenché
un processus de reconstruction personnelle sur des codes
de conduites qui me seraient propres …
Dans un premier temps, par désespoir de cause, et afin
d’exprimer une révolte grandissante à l’égard du monde,
j’entrepris d’aller manifester à Gênes (sommet G8) …
Ce fut ma première expérience militante …
Celle-ci fut si intense, que de retour sur Paris, un stylo
se mit dans ma main, glissa sur une feuille, crayonna
de petits dessins, les biffa, et puis, soudain, commença
à écrire, mécaniquement, sans même que je l'ai décidé,
et cette nuit obscure fut blanche et je ne pus m’empêcher
de m’épancher ...
Une ébauche de roman était née … Et puisque j’en étais
arrivé là, et que l’écriture fut révélation quasi miraculeuse,
pourquoi s’arrêter en si bon chemin, n’avais-je pas trouvé
ma voie : Celle de chercher ma voix …
Un an après, des visions éclataient en nombre dedans
ma tête, des cauchemars récurrents me hantaient,
et je m’essayais encore à des fragments de texte ...
( ex : dans la salle d’hôpital …)
Il m’était alors inconcevable de faire demi tour …
Plus loin, aller, toujours …
Et puis, je relus Baudelaire, et la poésie s’imposa
comme la forme avec laquelle je me sentais le plus à l’aise …
D’où mes premiers quatrains, vers longs, discursifs etc …
Quelques essais, de nombreux échecs, et une quinzaine de poèmes
sélectionnés plus tard, donneraient naissance à un futur recueil, que
je peux déclarer ancien maintenant : Pleine lune sur des espoirs ...
Je n’avais aucune idée d’où j’allais ( c’est encore valable aujourd’hui )
mais j’y allais avec l’assurance d’un empereur à qui tout serait permis …
Et puis, et puis, il y a eu Rimbaud … ( Et plus rien ne serait
comme avant … ) Faudrait des heures et des heures afin que
je puisse expliquer le tremblement d’âme qui me ravagea
de l’intérieur … Il m'a réduit en miettes, comme Dieu rend
à l’état de poussière les croyants … À me tuer, il me rendit
vivant …
Et je crus à mon tour devenir voyant …
Certes, c’était en noir et blanc, la couleur s’aborde
par les peintres qu’après avoir longtemps tâtonner,
mais je n’étais plus aveugle …
Je voyais plus loin … plus librement …
Et ça m’était nécessaire …
Je sentais bien que derrière l’imperceptible
se cachait une vérité …
Peut-être ne l’ai-je jamais attrapé, mais j’avais vu …
je ne saurais quoi … mais j’avais vu … oui, j’avais vu
que je me rapprochais de qui j’étais, peut-être ...
Peu importe les souffrances !
La souffrance : j’en ferais une amie ...
Devenir ce que je suis : pour la poésie …
Le vers c’est raccourci, le discursif c’est atténué,
et j’ai entendu la mélodie citée du silence ...
Si dans mon parcours j’ai eu des choix à faire,
c’est la nécessité qui les a guidé ...
Jusqu’à en arriver à l’éloquence du calme …
J’aimerais en révéler plus, mais ça aussi je le remets à plus tard …
Je sens un nœud dans mon ventre, à trop parler …