Le blog de poésie de Stéphen Moysan
Marie
Vous y dansiez petite fille
Y danserez-vous mère-grand
C'est la maclotte qui sautille
Toute les cloches sonneront
Quand donc reviendrez-vous Marie
Les masques sont silencieux
Et la musique est si lointaine
Qu'elle semble venir des cieux
Oui je veux vous aimer mais vous aimer à peine
Et mon mal est délicieux
Les brebis s'en vont dans la neige
Flocons de laine et ceux d'argent
Des soldats passent et que n'ai-je
Un cœur à moi ce cœur changeant
Changeant et puis encor que sais-je
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Crépus comme mer qui moutonne
Sais-je où s'en iront tes cheveux
Et tes mains feuilles de l'automne
Que jonchent aussi nos aveux
Je passais au bord de la Seine
Un livre ancien sous le bras
Le fleuve est pareil à ma peine
Il s'écoule et ne tarit pas
Quand donc finira la semaine
Extraits d'Alcools
de Guillaume Apollinaire
---
La première fois que j'ai lu 'Marie',
les 5 derniers vers étaient séparés
des 4 premières strophes par un
changement de page ...
Je les ai trouvés admirables ...
Si bien que j'ai cru qu'ils étaient
un poème à eux seuls ...
Depuis, cette poésie me semble
toujours une réussite très étrange ...