Le blog de poésie de Stéphen Moysan
Ce texte est un ancien fragment qui figurera dans mon roman ...
Sa création imposa la première personne du singulier comme sujet
de narration puis passa à la troisième une fois mon diplôme acquis ...
Plus qu'une réalité, il s'agit d'une projection d'une de mes hantises ...
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Le matinal ingénieur
Comme tout privilégié, je suis éduqué d'une société qui m'aliène
à entreprendre ce qui ne me plaît point pour le bon ordre des autres.
J'entretiens mon malheur avec réussite. Je m'y prends méthodiquement.
Levé, sept heures ; je suis fatigué. La Lune des songes résiste ; elle ne veut
pas voir apparaître le soleil du travail. Obligations morales sans pareilles,
les remords inévitables à la motivation de l'éveil entrecoupent mon sommeil.
Je somnole. La nuit écourtée n'a pas été suffisante. Mon repos fut agrémenté
en craintes froides provenant de cauchemars intermittents qui me hantent.
Habitude, les médicaments du matin agiront. Ils m'activeront tant et si bien
qu'à les rechercher je me rends aux tiroirs de la salle de bain. Semi fermées,
mes paupières sont lourdes ; peut-être trop lourdes. Certainement, il y a
bien longtemps que je me suis oublié. Mouches de têtes, bourdonnements,
toussotements, glaires de cigarettes ; au lavabo mes maux recrachent
leur tempo. Souffrances aiguës, migraine et cavales, autres cachets encore
que j'avale. Pressé, douché, puis habillé, je satisfais aux derniers rituels
maison ; avant ma traditionnelle exploitation : café si j'ai de la chance,
clope à tous les coups, il faut se faire une raison. Enfin prêt à m'en aller,
ma journée n'a plus qu'à se recommencer. Mon programme : machinalement,
continuellement, je reformate la carte mère de mon cerveau. Moi, la tête basse
des temps modernes.
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Ici, le retour au 'je' (plus personnel) n'est pas anodin ...
Récemment, j'ai tenté un compromis sans compromission
qui malheureusement m'a amené à me compromettre
plus que de raison ...
Demain j'espère laisser tout ça derrière moi ...
Et en finir avec ces quelques lachetés en retard
qui me poussent à avoir peur de l'avenir ...